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Quand le latin passionne

Les 6 et 7 juin derniers, la salle polyvalente du Collège Jean-de-Brébeuf a pris des airs de véritable galerie d’art. Réunissant une trentaine d’œuvres inspirées de la mythologie gréco-romaine et tenue sous le thème de la vie d’Hercule, l’exposition qui s’y est déroulée a mis en lumière des créations réalisées par les élèves de latin de 3e secondaire.

C’est à l’initiative de M. Patrick Letendre, qui enseigne le latin au Collège depuis près d’une décennie, que l’exposition La vie d’Hercule a été mise sur pied. Emballé par le passage de l’exposition Pompeii au Musée des beaux-arts de Montréal, ce dernier a eu l’idée de confier à son groupe de 3e secondaire un mandat peu banal, soit celui de créer un petit musée dont les œuvres seraient inspirées de la vie d’Hercule.

« En 3e secondaire, le thème de l’année en latin, c’est la mythologie gréco-romaine, souligne l’enseignant. Tous les textes que voient les élèves cette année-là ont trait à la mythologie. Parallèlement, on s’intéresse aussi à l’art gréco-romain. Comme ça cadrait tout à fait avec notre programme, j’ai amené mes élèves voir l’exposition Pompeii. De retour en classe, je leur ai annoncé que ça allait maintenant être à leur tour de s’inspirer de la mythologie gréco-romaine pour réaliser un chef-d’œuvre. »

Encouragés par leur enseignant, les élèves de M. Letendre se sont donc penchés sur les 12 travaux d’Hercule et sur ses exploits secondaires. Ils ont d’abord rédigé des dossiers sur le sujet, puis chacun d’entre eux a été invité à choisir un thème et à s’en inspirer pour créer une œuvre d’art rappelant l’Antiquité.

« Les élèves ont fait de très belles choses. Il y a eu plusieurs mosaïques, des vases, des fresques, etc. Ça a donné une magnifique exposition et les élèves étaient très fiers du résultat », indique l’enseignant.

Une méthode moderne et unique

Ce n’est pas la première fois que M. Letendre invite ses élèves à prendre part à un projet aussi singulier. Convaincu que l’apprentissage s’avère plus facile lorsqu’il est agréable, l’enseignant s’efforce chaque année de proposer à ses groupes des activités éducatives qui sortent de l’ordinaire.

Par le passé, il a par exemple demandé à ses classes de créer des bandes dessinées sur le thème « Et si Hannibal avait détruit Rome ? ». En s’appuyant sur leurs acquis, les jeunes devaient en quelque sorte réinventer le 21e siècle en supprimant tout ce qui avait trait à l’héritage romain, ce qui leur permettait de réaliser à quel point ce dernier était important.

Grâce à ses projets et son entrain débordant, M. Letendre a beaucoup contribué à affermir l’intérêt des élèves de Brébeuf pour le latin. D’ailleurs, même si son apprentissage n’est plus obligatoire, le tiers des jeunes du Collège choisissent aujourd’hui d’étudier cette langue dans le cadre de leurs cours optionnels.

Mais l’apport de M. Letendre ne se limite pas qu’à la contagion de son enthousiasme. Il a également considérablement amélioré le programme de latin de Brébeuf en concevant une méthode particulièrement bien adaptée à la réalité des élèves d’aujourd’hui.

« La méthode qui était utilisée par le passé ne tenait pas compte de la réforme éducative que nous avons connue au Québec. C’était problématique », remarque-t-il.

Désireux de remédier à la situation, il y a quelques années, M. Letendre s’est attelé à l’élaboration d’une méthode plus actuelle qui permettrait non seulement aux enseignants de latin d’inculquer les rudiments de la langue, mais également de faire connaître la civilisation gréco-romaine.

Pour ce faire, il s’est d’abord intéressé de près à ce qui se faisait en français, en sciences, en histoire, en géographie et en arts aux quatre premiers niveaux du secondaire, puis il s’est efforcé d’élaborer une proposition complémentaire.

« J’ai regardé quels étaient les grands thèmes qui étaient développés à chaque année et j’ai divisé la matière à voir en latin en fonction de ceux-ci, indique M. Letendre. Par exemple, en français de secondaire 3, il y a le conte qui est vu, alors je me suis dit que c’était une bonne idée d’étudier le mythe la même année en latin. »

Ensuite, l’enseignant s’est attaqué à la composition et l’adaptation de textes pour chacun des thèmes choisis. « Je me suis inspiré de ce qui se fait en Angleterre, en Allemagne et dans les pays scandinaves. Tous les textes ont été créés ou choisis en fonction de ce qu’on voit dans les volets civilisation à chaque niveau », précise-t-il.

Ainsi, aujourd’hui, chaque fois qu’ils étudient une notion de grammaire, les élèves de latin apprennent également quelque chose sur un pan de la civilisation gréco-romaine.

« À tous les niveaux, on alterne entre grammaire, traduction et histoire. Et une fois de temps en temps, on s’éloigne des Romains. Par exemple, quand j’aborde l’esclavage dans le monde romain, j’en viens souvent à traiter aussi de l’esclavage au 21e siècle et je demande à mes élèves de tracer un parallèle entre les deux types. Ça donne lieu à des réflexions très intéressantes », note M. Letendre.

Des bénéfices multiples

Évidemment, pour les élèves, ce genre d’enseignement s’avère particulièrement stimulant et agréable, mais le plaisir et la motivation d’apprendre sont loin d’être les seuls bénéfices qu’ils en retirent.

En fait, le programme de latin contribue à la formation générale des élèves de plusieurs façons. Il leur permet notamment d’enrichir leur français, de développer un esprit logique et scientifique, d’acquérir une solide culture générale et de mieux comprendre le monde actuel. De plus, il se veut très utile pour simplifier l’apprentissage ultérieur des langues modernes puisque plusieurs d’entre elles tirent leur origine du latin.

« Il y a beaucoup de gens qui disent que le latin ne sert pas à grand-chose, parce qu’il s’agit d’une langue morte, relève M. Letendre. C’est vrai que les jeunes qui suivent nos cours à Brébeuf ne parleront pas latin plus tard. Mais ce n’est pas grave : ce qui est important, c’est tout ce que ça apporte à côté. Tout ce que les jeunes ont acquis en faisant du latin, ça va leur rester! »

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