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Blogue de la direction générale

DÉCLARATION DE LA DIRECTION DU COLLÈGE JEAN-DE-BRÉBEUF SUR SA MISSION ÉDUCATIVE

Le non-renouvellement du contrat de Mme Jacqueline Laurent-Auger comme animatrice d’ateliers de théâtre au Collège Jean-de-Brébeuf a soulevé plusieurs commentaires dans les médias et sur les réseaux sociaux. Ces commentaires, nous les accueillons avec respect, sachant très bien qu’en matière d’éducation et de valeurs morales, il est très difficile de faire l’unanimité et que la confrontation des idées aide à former des esprits éclairés.

Revoyons les faits. Le printemps dernier, des élèves du Collège ont découvert, par l’entremise d’Internet, des films érotiques dans lesquels joue Mme Laurent-Auger. Que ces films aient été tournés il y a 40 ans ne change rien à leur caractère osé et suggestif, voire explicite. Grâce à l’Internet, cette filmographie des années 70 est, semble-t-il, redevenue à la mode et, si les films sont anciens, le regain de popularité pour ce type de cinéma, lui, est bien contemporain.

Comme éducateurs, nous devions nous poser la question de savoir quel message était transmis à tous nos élèves, garçons et filles, de la première à la cinquième secondaire, par le fait qu’une animatrice d’ateliers de théâtre était désormais vue sur Internet dans des scènes érotiques des plus suggestives. Est-ce que les films Le journal intime d’une nymphomane ou La bonzesse, dans lesquels Mme Laurent-Auger est en vedette et où on la voit dans des scènes érotiques, même dites softs, sont des modèles à suivre pour des élèves du secondaire qui s’initient au théâtre et aux arts en général ? On ne parle pas ici de peintures ou de sculptures de corps nus, réalisées dans un contexte esthétique et artistique, mais bien de scènes érotiques destinées à un public adulte.

Nous ne portons pas de jugement sur les mérites artistiques ou la moralité des films dans lesquels Mme Laurent-Auger a tourné. Mais l’Internet ayant ramené dans le présent le volet érotique de sa carrière, nous devions déterminer si cela lui permettait de poursuivre son accompagnement auprès de nos élèves dans un contexte serein et dépourvu d’allusions ou d’inconforts non propices à notre mission éducative.

Après discussion et réflexion, nous en sommes venus à la conclusion que le cinéma pour adulte doit demeurer ce qu’il est, c’est-à-dire un produit pour les adultes. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de ne pas renouveler le contrat de Mme Laurent-Auger. La disponibilité, sur l’Internet, des films érotiques dans lesquels elle a joué créait un tout nouveau contexte qui n’était pas idéal pour nos élèves.

Mme Laurent-Auger n’a pas été congédiée cavalièrement, ainsi que certains l’ont laissé entendre. C’est comme contractuelle qu’elle donnait deux séries d’ateliers par année d’un peu moins de 45 heures chacune, soit une lors du semestre d’automne et une autre lors du semestre hiver-printemps. Elle a été informée du non-renouvellement de son contrat en juillet dernier, soit plus de trois mois avant le début de ce qui aurait été sa prochaine session d’ateliers, afin de lui permettre de voir venir et d’accepter d’autres contrats si tel avait été son désir.

En notre qualité d’éducateurs, nous devions prendre une décision en fonction de ce que nous croyions être le meilleur intérêt de nos élèves et du Collège. C’est ce que nous pensons sincèrement avoir fait, même si nous savions que, quelle que soit la décision que nous allions prendre, nous ne pouvions plaire à tous.

Le 19 octobre 2014

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23 commentaires

  1. Claudel Chouinard

    Votre déclaration essaie malhabilement de justifier l’injustifiable. Vous êtes dans l’erreur M. April. Les arguments du genre: « nous devions déterminer si cela lui permettait de poursuivre son accompagnement auprès de nos élèves dans un contexte serein et dépourvu d’allusions ou d’inconforts non propices à notre mission éducative » suintent la morale et la fausse vertu. Vous le savez, j’en suis certain. Alors avouez plutôt votre erreur, car tout le monde en fait, même à Brébeuf, et revenez sur votre décision.

  2. Valerie Bloch

    « On ne parle pas ici de peintures ou de sculptures de corps nus, réalisés dans un contexte esthétique et artistique, mais bien de scènes érotiques destinées à un public adulte. »
    Ne pensez-vous pas que votre mission éducative consisterait plutôt à éduquer vos jeunes et à leur apprendre précisèment à remettre les choses en contexte plutôt que d’exclure cette femme de vos programmes comme si elle avait commis un crime. Peut-être auriez-vous pu saisir cette occasion pour débattre de la moralité de celles et ceux qui jouent un rôle dans un film versus celles et ceux qui les regardent? Il y a certainement là matière à éduquer vos élèves et leurs parents sans aucun doute… Quelqu’un s’est-il plaint?

  3. Sylvain Fournier

    Monsieur April,

    Vous dites: « Comme éducateurs, nous devions nous poser la question de savoir quel message était transmis à tous nos élèves, garçons et filles, de la première à la cinquième secondaire, par le fait qu’une animatrice d’ateliers de théâtre était désormais vue sur Internet dans des scènes érotiques des plus suggestives. Est-ce que les films « Le journal intime d’une nymphomane » ou « La bonzesse », dans lesquels Mme Laurent-Auger est en vedette et où on la voit dans des scènes érotiques, même dites softs, sont des modèles à suivre pour des élèves du secondaire qui s’initient au théâtre et aux arts en général ? »

    La question, comme éducateurs, n’est pas de savoir si ces films « sont des modèles à suivre pour vos élèves. » La question est plutôt de savoir ce que vos élèves en font de ces images. D’aborder la question de front avec eux. Bref, l’occasion n’était-elle pas belle pour vous, d’assumer votre rôle en matière d’éducation à la sexualité? Il revient pourtant à l’école, monsieur April, de faire en sorte que chacun ait accès à l’information nécessaire en matière de santé, de sécurité et de sexualité. (MELS, Programme de formation de l’école québécoise, enseignement secondaire, deuxième cycle, 2007, [En ligne], [http://www.mels.gouv.qc.ca/ sections/programmeFormation/secondaire2/], chapitre 2, p. 5.)

    Vous savez, une fois l’animatrice congédiée, vos élèves continueront de voir sur Internet « des scènes érotiques des plus suggestives ». C’est d’ailleurs parce plusieurs d’entre eux consomment déjà de telles images comme d’autres consultent les statistiques de leur pool d’hockey, qu’ils y ont trouvé les images de madame Laurent-Auger.

    Sur le site du MELS (http://www.mels.gouv.qc.ca/dossiers-thematiques/condition-feminine/education-a-la-sexualite/), on suggère aux éducateurs des publications du ministère de la Santé et des Services sociaux, dont une, justement, intitulée « La pornographie sur Internet et ses conséquences pour les jeunes : comment intervenir? (http://msssa4.msss.gouv.qc.ca/fr/document/publication.nsf/961885cb24e4e9fd85256b1e00641a29/dae2c95558679c7c852572c7004ceb25?OpenDocument)

    N’aviez-vous pas là une situation unique d’aborder la question? Assurément, vous avez manqué l’occasion de saisir la balle au bond…

  4. Yamina Sekhri

    Triste de voir qu’une femme ayant ou ayant eue une sexualité un tant soit peu visible en soit punie. Arrêtez de prendre vos étudiants pour des imbéciles. À cet âge là, il ne pensent qu’au sexe de toute façon, gars comme fille. Quel message leurs envoyez vous quand vous congédiez une femme pour de simples scènes nues tournée il y a plus de 30 ans. Vous êtes un parfait imbécile M. April.

    J’ajouterais aussi, en temps qu’étudiante en histoire de l’art, que l’art érotique est tout aussi important et utile que les autres formes d’art…surtout dans les mouvements d’art féministes des années 60-70. Ce n’est pas comme si vous étiez en mesure de comprendre le féminisme ou l’importance de la représentation de la sexualité féminine.

  5. Julien Vallée

    En tant qu’enseignant au collégial et à l’université (chargé de cours), je suis en colère face à votre décision de ne pas renouveler le contrat d’une femme de 72 ans, pour des raisons si farfelues que vous devriez vous renvoyer vous-même pour incompétence et incompréhension du monde actuel.

    Qui est coupable, ici? La réponse vient en répondant…

    Julien Vallée

  6. Cameron

    Vous êtes des hypocrites.

    « Après discussion et réflexion, nous en sommes venus à la conclusion que le cinéma pour adulte doit demeurer ce qu’il est, c’est-à-dire un produit pour les adultes. »

    N’es-t-il pas le problème des adultes (dans ce cas des parents possiblement) que ce type de film soit facilement trouvable par internet – une média à laquelle toute personne a accès? De plus, je suis certain qu’une majorité des adultes de l’administration regardent des films érotiques.

    « Comme éducateurs, nous devions nous poser la question de savoir quel message était transmis à tous nos élèves, garçons et filles, de la première à la cinquième secondaire, par le fait qu’une animatrice d’ateliers de théâtre était désormais vue sur Internet dans des scènes érotiques des plus suggestives »

    Ça s’appelle avoir une vie et poursuivre sa passion. Ne cachez pas aux enfants la réalité. Vous ferez mieux de développer un programme d’éducation sexuelle au lieu d’avoir généré un tel scandale média. Vous n’avez aucune idée de ce que passe par la tête de vos élèves.

    « La disponibilité, sur l’Internet, des films érotiques dans lesquels elle a joué créait un tout nouveau contexte qui n’était pas idéal pour nos élèves. »

    Je ne pense pas que la direction est tellement inapte à contrôler le flux d’information passant par la connection internet du collège.

    Vous ne voulez que vous produire une image « professionnelle » afin d’attirer la confiance des parents, c’et un signe d’égocentrisme. Vous ne pensez qu’à votre image (du collège) au lieu de prendre soin de la vie professionnelle d’une vraie personne; ce dernier détail vous aurait gagné plus de respect et une image plus humaine.

  7. Anders Turgeon

    Monsieur,

    Votre position et celle de la DG de Brébeuf fait preuve d’un conservatisme moral teinté d’hypocrisie qui n’a pas sa place. Vous jouez à l’autruche en disant qu’il ne faudrait pas exposer les jeunes ayant fréquenté l’atelier de Mme Laurent-Auger à la sexualité de ses films érotiques qu’elle a tournés il y a 40 ans. Vous saurez que la majorité des jeunes ont déjà été exposés à pire que la porno soft des films rétro de Madame. Devant cela, c’était à elle de faire le point là-dessus avec ses élèves et aux parents de ceux-ci d’inculquer à leurs enfants de bonnes valeurs afin de pouvoir composer avec la sexualité, l’érotisme et la porno. Bref, tout ça pour dire que votre décision de renvoyer Mme Laurent-Auger était abusive.

  8. Robert Henri

    Foutaises. La seule question à se poser: Mme Laurent-Auger faisait-elle correctement le travail pour lequel elle est payée ? Sselon votre logique, André Boisclair et Rob Frod, deux drogués notoires n’aurait pu donner de cours chez vous pour cette raison ? Boisclair, je ne comprendrais pas. Frod, on pourrait toujours parler de ses frasques publiques. Ce sont les jeunes qui ont amené ce film sur la place publique qui devraient être sanctionnés. Pour ces raisons et pour d’autres, je souhaite ardemment qu’on vous retire toute subvention.

  9. Michel Seymour

    Comme vous le dîtes si bien, il est difficile de faire l’unanimité en matière d’éducation, mais vous y êtes parvenus, dans la mesure où vous avez fait l’unanimité contre vous. Vous soulevez une question pertinente: à quel public doivent être destinés les films érotiques? On peut en effet prétendre qu’ils doivent être réservés à un public adulte. Mais le congédiement de Madame Laurent-Auger n’a rien à voir avec l’accès des jeunes adolescents à de tels films. Congédiée ou non, ces jeunes ont eu et auront encore accès à de tels films si les parents choisissent de ne pas imposer un filtre parental sur l’accès de leurs enfants à l’internet. La responsabilité première repose sur les épaules des parents et n’a rien à voir avec la présence ou l’absence de Madame Laurent-Auger dans des ateliers au collège Brébeuf. Si vous choisissez de viser la principale intéressée dans cette affaire et non les principaux responsables, c’est parce que le collège est privé, que les parents sont vos clients et que, dans votre esprit, les clients ont toujours raison. Mais vous avez tort parce que vous ne visez pas les principaux responsables et parce que vous sévissez sans aucune raison valable contre une personne qui n’a rien fait de mal.

  10. Julie Leduc

    Cher prestigieux Collège,

    Il y a une faute d’accord du participe passé dans votre beau message; peinture et sculpture, deux mots féminins.

    Vous devriez vous concentrer sur le fait de donner le bon exemple à vos jeunes quant à l’écriture de leur langue maternelle plutôt que de faire la chasse aux sorcières.

    Bonne continuité.

  11. Catherine

    « En [v]otre qualité d’éducateurs », il aurait mieux convenu de vous adresser aux étudiants afin de dédramatiser la situation tout en leur demandant de faire preuve d’ouverture d’esprit et de tolérance. Il aurait en fait été de votre devoir de gérer avec eux cette situation délicate afin de désamorcer le contexte « pas idéal pour vos élèves » et ramener un bon climat dans les classes. Alors on aurait pu parler d’ »éducation ».
    Vous dites être arrivés « à la conclusion que le cinéma pour adulte doit demeurer ce qu’il est, c’est-à-dire un produit pour les adultes », oubliant qu’il ne s’agit pas ici de projeter les films en questions dans l’enceinte de l’établissement. Le « non renouvellement » de cette enseignante envoie un bien drôle de message, un message puritain, étroit d’esprit, entretenant une honte mal placée. Vous me rappelez les parents qui, il y a des années, apprenant que leur fille était tombée enceinte hors du mariage, l’envoyaient vivre sa grossesse chez de lointains parents, de peur de s’attirer les foudres de la communauté (et du curé).
    Évidemment, vous avez raison, il s’agit d’une situation délicate. Évidemment, ça a amené de la turbulence dans vos classes. Mais en réagissant comme vous l’avez fait, vous avez reculé, chers éducateurs, devant une belle occasion de véritablement éduquer vos étudiants plutôt que de préserver la paix en optant pour la solution facile.
    Je savais mon alma mater conservatrice, mais je constate avec déception que nous ne partageons pas certaines valeurs essentielles de tolérance et d’humanité. En fait, je constate que nous n’avons pas la même idée de ce qu’est l’éducation.

  12. Caroline Tétreault

    Et dans ce que vous dites être votre mission éducative, l’intolérance prend quel place dites-moi! De plus, bonne chance pour trouver quelqu’un qui n’a jamais joué nu que ce soit au théatre ou au cinéma…

  13. Richard Tassé

    Reprenons un extrait de votre torchon plus haut :
    Est-ce que les films…sont des modèles à suivre pour des élèves du secondaire qui s’initient au théâtre et aux arts en général ?
    C’est une réponse empreinte soit de naïveté ou d’hypocrisie alors que les jeunes ont accès à TOUT sur internet. Jouer à l’autruche leur nuit plus que les aider.

    Reprenons maintenant les belles valeurs non respectées de votre institution :

    Le sens de la solidarité humaine, soit
    - l’attention aux autres
    Dans ce cas-ci on détruit la vie de cette dame alors on repassera pour le respect des valeurs chrétiennes de charité, d’altruisme, de pardon, de respect, du droit à refaire sa vie sans être jugée. Vous n’aviez qu’à sévir à l’endroit des jeunes qui auraient manqués de respect à l’égard de cette dame. Mais non, c’est plus facile de la foutre à la porte que de faire son travail de discipline auprès des jeunes.

    - la recherche de l’équité
    J’ai bien hâte de voir cela ! J’ose espérer que personne ne vous enverra des images d’enseignants, d’administrateurs ou de vous-mêmes, au cours des dernières années ou lorsque la personne était jeune, dans une fête, amochée ou en situation compromettante. Cette personne devra être congédiée sur le champ pour protéger les tout-petits à Brébeuf!

    - la citoyenneté responsable et la participation au progrès de la société
    En n’étant arriéré dans nos convictions ou nos positions, on ne participe pas du tout au progrès de la société, c’est le contraire, on le ralentit !

    Je crois qu’il n’est pas trop tard pour faire amende honorable et reprendre cette dame. Cela serait perçu comme un geste d’humilité et d’ouverture en démontrant qu’on s’est trompé dans notre décision.

  14. Bruno Laprade

    Vous manquez de manière cruelle une opportunité de faire de l’éducation à la sexualité à vos élèves. Ce n’est pas la sexualité de Mme Laurent-Auger le problème ici.

    Cette réponse sur ce blogue est plus qu’insultante tant pour votre employée congédiée que pour le public en général. Vous le mentionnez vous-même. Ce sont des films pour adultes et vos élèves sont mineurs. Pourquoi et comment ont-ils eu accès à ces films? Évidemment, aujourd’hui, tout le monde a accès à internet et même les plus jeunes détournent les filtres parentaux. C’est votre responsabilité de contrer les rumeurs, les images dénaturantes et l’objectification des femmes en leur donnant une éducation appropriée qui fasse en sorte que vos élèves puissent avoir une sexualité épanouie.

    En congédiant votre employée, vous donnez l’exemple que la sexualité des femmes est taboue, qu’elle est sale, qu’une femme qui a du sexe est moins bonne pour enseigner. Bref, vous reproduisez le sexisme et la discrimination des femmes. Vous donnez un mauvais exemples aux garçons.

    Pour moi, il est clair que Madame Laurent-Auger est un modèle pour ces élèves tout autant que tous les hommes qui regardent de la pornographie, ce qui doit inclure plusieurs de vos professeurs et probablement vous-même. Adaptez vous donc à la société d’aujourd’hui si vous voulez faire un bon travail de modèle!

    C’est honteux et déshonorant.

  15. Nicolas Abesdris

    Bonjour M. April,

    Je suis an ancien étudiant au B.I. de Brébeuf et si je prend la peine ici de vous écrire c’est pour vous signifier mon profond désaccord face à la décision qu’à prise le collège de mettre à pied Mme Laurent-Auger.
    Dans mon souvenir – qui remonte aux années 1990, le collège à toujours été synonyme d’ouverture d’esprit: je me souviens par exemple d’avoir pu organiser un tournoi d’échec international avec le soutien de l’administration; je me souviens aussi des différents comités étudiants présents et évoluant au sein de la communauté académique, nous permettant d’apprendre à penser sans juger, à s’ouvrir sur le monde.

    Quelle désagréable surprise de voir aujourd’hui Brébeuf faire la une des médias pour une histoire banale de peau nue dans les années 1970! Le collège Brebeuf est-il de retour à ses origines catholiques? Sommes nous de retour au temps de Duplessis? Dans un monde du 21e siècle entièrement connecté et branché sur l’internet, doit on s’offusquer des débuts légèrement érotiques d’une professeur d’art dramatique, à l’ère ou le moindre clique de sourie permet à chacun de voir des scènes autrement plus crues? Votre position sur cette question, au nom du collègue, rabaisse notre institution au rang des prudes religieux rétrograde qui se demandent encore s’il faut « accepter » l’homosexualité, le mariage dans les familles recomposées, ou la distribution de condom dans les écoles.

    D’autre part, d’un point de vue éducatif, votre réponse à cette situation est un véritable désastre. Vous auriez pu tout simplement éviter la crise en lui donnant l’importance qu’elle à véritablement – c’est à dire véritablement aucune. Les jeunes ont vu quelques fesses datant des années 1970? Bon. Pis? On passe à autre chose. A la place, l’attention que vous accordez à cette nouvelle est précisément ce qui en fait une tempête dans un verre d’eau. Que d’énergie déplacée! Que d’efforts médiatiques! Bref, vous justifiez par vos actions l’attention portée par les élèves sur cette malheureuse – mais banale – situation.

    J’ai honte de ce qu’est devenu mon collège.

  16. Sonya Boudreau

    Toute une leçon est en effet enseignée aux jeunes. Faites quelque chose qui sort de la norme, même légalement, et nous nous en servirons contre vous! Toutes mes félicitations!

  17. Stéphane Beaulac

    Évidemment, le contexte de déclarations discriminatoires, hors des heures de classe, est différent de celui de l’espèce, c’est-à-dire du « soft porn » disponible sur Internet… mais l’arrêt suivant de la Cour suprême du Canada semble être directement applicable : Ross c. Conseil scolaire du Nouveau-Brunswick, décision de 1996. En particulier, les remarques suivantes du juge La Forest, pour la Cour : « En l’espèce, il faut tenir compte du contexte de l’éducation pour établir un équilibre entre la liberté de R de faire des déclarations discriminatoires [ici, d'avoir joué dans des films érotiques, disponibles sur Internet] et le droit des enfants du conseil scolaire d’être instruits dans un système scolaire où ne règne aucun parti pris, aucun préjugé, ni aucune intolérance; la vulnérabilité des jeunes enfants aux messages transmis par leurs enseignants est pertinente relativement à ce contexte particulier ».

  18. Luc Deguire

    Je prends votre défense sur tous les médias depuis la parution de l’article dans La Presse. Je débat en défendant votre point de vue qui rejoins enfin le mien en ce qui concerne l’âge auquel les enfants d’aujourd’hui sont exposés au contenu adulte. Je profite de ce courriel pour vous inciter à préparer une réponse aux imminentes contractions que certains questionnent sur Facebook relativement au Fond de bourse Coeur-de-Pirate. J’assume que vous ne pouvez ignorer ses photos nues qu’elle avait elle-même publié. Bonne chance.

  19. Yvon Raté

    Attaboy, les Brébovins !

    Maintenant, on fouille dans le passé des directeurs, on cherche des photos sur les réseaux sociaux, bref faut trouver de quoi pour les faire feeler cheap, pis qu’ils se fassent renvoyer itou. Ha! Ha!

  20. Caroline Trottier-Gascon

    En tant qu’ancienne étudiante au Collège, je pense que je n’ai pas compris sa « mission éducative » de la même façon que vous. Malgré leurs nombreuses failles, les Jésuites se voulaient ouverts à la différence dans leur action d’éducation. La mission que vous annoncez sur votre site témoigne de cet héritage, lorsqu’il énonce « la reconnaissance à la fois de l’unité et de la diversité humaine » « l’ouverture sur le monde » et « l’esprit de tolérance » parmi les valeurs du Collège.

    Si vous acceptez, enfin, des filles à tous les niveaux, on doit constater que vous ne traitez pas si bien vos enseignantes. Votre geste sexiste montre que pour vous, la valeur des femmes dépend leur « vertu » passée et efface et problématise leur sexualité. Il s’agit d’un recul absurde et ridicule qui va à l’opposé des valeurs que devrait transmettre votre institution. Ce geste ne participe pas au « progrès de la société » et subordonne « l’acquisition d’une formation intellectuelle rigoureuse » à l’imposition de standards sexistes à votre corps enseignant (et, par extension à vos étudiants).

    Aussi, par votre décision, vous avez surtout exposé vos élèves aux images que vous aimeriez cacher. Vous énoncez aussi la présomption que vos étudiants enfreignent la loi en accédant à des films légalement réservées aux majeurs. Une enseignante ne devrait pas être punie parce que vous pensez que vos élèves contourneront les restrictions d’accès aux mineurs.

  21. Bernard Leblanc

    Valeurs et sensibilités.

    Pour certaines personnes, la nudité ou le sexe sont toujours pornographiques. Pour d’autres, ce qui est inacceptable n’est pas le contenu sexuel à proprement parler, comme on le retrouve dans des représentations érotiques montrant des activités sexuelles consensuelles, mais bien les représentations où au moins un des participants est avili, humilié ou maltraité. Dans cette perspective, la pornographie accepte ou encourage l’avilissement sexuel. Cette distinction va à l’encontre des définitions conventionnelles puisque des représentations sexuelles extrêmement explicites seront considérées comme érotiques, tandis que d’autres, relativement peu explicites mais dégradantes, seront appelées pornographiques. D’un autre côté, beaucoup de matériel pornographique montre des femmes nues et certains prétendent que cela perpétue la projection de la femme comme objet et que la pornographie peut ainsi, directement et indirectement, porter préjudice aux femmes.

    http://www.parl.gc.ca/content/lop/researchpublications/843-f.htm#prejudice

    Un acte est dégradant dans la mesure où il produit des conséquences négatives chez l’individu. Voilà donc en quoi réside le rôle des scientifiques: déterminer dans quelle mesure tel ou tel comportement nuit au développement d’un individu ou d’un groupe. La tâche n’est certes pas facile. Les recherches actuelles ne permettent pas toujours de préciser avec exactitude les conséquences à long terme de la consommation de pornographie.

    http://www.er.uqam.ca/nobel/k31610/DIVERS/porno-Richard-Bessette.html

    Pour le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron, le visionnage de films porno est une nouvelle forme de rite du passage à l’âge adulte. Les jeunes gens, surprotégés par leurs parents, sont adolescents de plus en plus longtemps. Pour tracer leur frontière entre hier et demain, ils ont adopté des comportements tournant essentiellement autour de la violence et de la sexualité.
    Mais ce rituel de l’image pornographique par lequel passe une grande majorité des jeunes d’aujourd’hui comporte en réalité deux niveaux. Le premier, lorsque le jeune a regardé un film X, le second lorsqu’il est en position de reproduire ce qu’il a vu. Le véritable risque de la pornographie étant alors de croire que la sexualité se passe comme dans ces films.)

    http://www.psychologies.com/Famille/Ados/Sexualite-des-ados/Articles-et-Dossiers/Ado-et-porno-des-liaisons-vraiment-dangereuses

    Ce que je comprends en tant qu’adulte vacciné c’est que Le Collège Brébeuf comme institution privée Catholique travail à véhiculer des valeurs éducationnelles conséquentes. Derrière le mot Catholique, il y a valeur chrétienne et cette sagesse dans un contexte disons-le franchement hostile aux religions va nécessairement être «testé» par ses contradicteurs.

    Ce que l’on peut constater, c’est que les athées, où autres incroyants logent dans le déni lorsqu’il est question de filtre philosophique. Mais est-ce le problème de l’institution?

    Que la morale «judéo-chétienne» soit basée sur le principe de «Miséricorde» et du «NON-jugement» de la personne, n’implique pas qu’elle favorise la voie large du «FAIT CE QUE TU VEUX» d’un Aleister Crowley par exemple,

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Aleister_Crowley

    Mais au contraire elle a pour mandat de faire connaître la raison d’être de son attachement à sa philosophie.

    Ceux et celles qui accusent l’institution d’hypocrisie, ne sont-ils pas eux-mêmes hypocrites de ne pas reconnaître à quelle enseigne loge le Collège Brébeuf?

    En tranchant, le Collège fait deux choses il me semble. Il «NE CONDAMNE PAS» Mme Laurent pour ses positions philosophiques, mais «IL NE LES ENDOSSES PAS» non plus.

    Ce que j’ai déduis de la position du Collège, est que le fait de se détacher en vertu de nouvelles informations, correspond à une logique responsable dans le contexte privé d’un milieu éducationnel général pour jeunes, et non pas dans le contexte par exemple d’un «CONSERVATOIRE PUBLIC» spécialisé en théâtre et cinéma.

  22. J-C

    «On ne parle pas ici de peintures ou de sculptures de corps nus, réalisées dans un contexte esthétique et artistique, mais bien de scènes érotiques destinées à un public adulte.

    Nous ne portons pas de jugement sur les mérites artistiques ou la moralité des films dans lesquels Mme Laurent-Auger a tourné.»

    C’est assez flagrant comme contradiction. Dans une phrase vous portez un jugement pour qualifier l’oeuvre de Mme Laurent-Auger et dans la phrase suivante, vous dites que vous ne portez pas de jugement sur l’oeuvre. Pour un ancien collège classique jadis tourné vers l’enseignement des humanités, les notions de base de l’argumentation philosophique se perdent assez vite. C’est pas fort. Il faut croire que maintenant, les directeurs de ces institutions sont de simples gestionnaires qui ont perdu la culture générale dont se targue ces institutions, sans toutefois s’être débarassé de son côté moraliste dépassé. Vous êtes vraiment à l’image de ce qu’il y a de pire avec l’état actuel des écoles privées élitistes.

    Vos étudiants ne sont pas des épais qui ont besoin de se faire montrer la marche à suivre comme vous semblez le sous-entendre. Même s’ils sont jeunes, ils sont capables d’esprit critique, bien plus que vous avec comment vous avez agi. En agissant de manière autoritaire de la sorte, vous avez manqué une belle occasion de provoquer des discussions et des débats intellectuels entre vos étudiants sur des sujets moralement tabous comme l’érotisme, la pornographie et sur la censure. Quoi de mieux dans une institution éducatrice comme la vôtre…mais bien sûr, mener ces débats risquait de mettre à mal votre position moraliste dépassée

  23. Jean-Paul Paquin

    La réaction a été très vive dans tous les réseaux sociaux. Coeur de Pirate qui vous a aidé à recueillir des fonds est accusée du même tort.

    Proposer un retour dans de nouvelles fonctions ressemble à de la « structurite » et à une façon de la cacher derrière les rideaux loin des étudiant(e)s. Le mal est fait. Elle n’acceptera pas ou ça ne durera pas.

    Le chantier de réflexion sur la sexualité, les plates-formes numériques et les réseaux sociaux a`pour but de contrôler l’accès des étudiant(e)s en milieu éducatif mais c’est impossible de le contrôler à l’extérieur du Collège sans l’aide des parents. Les jeunes de 12 ans et plus ont des cellulaires intelligents, ils savent comment installer et réinitialiser un WIFI, utiliser Skype, faire des videos, etc..

    Il faut enseigner, développer un jugement critique et agir en coopération avec les parents. En lisant les commentaires précédents, la réflexion est très avancée. Il faut simplement l’articuler comme pour l’intimidation : comportements et conséquences. Aussi, il faut maîtriser la technologie (équipements, contrôles parentaux, historiques de navigation …).

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