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Analyse des élections législatives israéliennes de 2009: comment expliquer la montée de la droite nationaliste

Pourquoi Israël ?

Eretz Israël, lieu de naissance du peuple juif, de la nation sioniste. Israël est un jeune pays aux nombreux défis[1]. Il connaît d’abord une cohabitation difficile avec le peuple palesti­nien, qu’il a expulsé en 1948, lorsque l’ONU a donné à la nation sioniste la souveraineté sur Israël, puis une cohabitation avec des pays arabes en transformation constante, surtout depuis le début du Printemps arabe, avec un pays belligérant cherchant à assem­bler un arsenal nucléaire (Iran) et un autre pays en pleine guerre civile (Syrie). Israël est un pays occidental dans l’univers du Moyen-Orient. Déterminé à survivre, il s’est doté d’une armée réformée parmi les plus puissantes de la planète, Tsahal, financé notamment par le plus puissant allié, les É.-U[2]. Israël s’est doté au fil des ans d’une écono­mie forte, d’une armée puissante et efficace et d’un gouvernement efficace.

Principaux organes politiques du pays

Le véritable pouvoir exécutif de l’État, le gouvernement, est formé par un député de la Knesset, le premier ministre, choisi par le président et approuvé par l’ensemble des dé­putés de la Knesset[3]. Un cabinet ministériel a un mandat de quatre ans renouvelable à perpétuité. Le gouvernement, présidé par un premier ministre, est responsable de créer des lois qui seront modifiées, en collaboration avec le pouvoir législatif. Le pouvoir exécu­tif, et plus précisément le ministère des Finances, a pour rôle de proposer le budget de l’État qui, lui aussi, sera revu par la Knesset[4].

 

Le pouvoir législatif de l’État, la Knesset, est formé par le corps électoral d’Israël. Lors de la formation de la nouvelle Knesset, celle-ci élit le président et les vice-présidents du  pays[5]. La Knesset, composée de cent vingt députés, représente l’intérêt du peuple israélien. En tant que représentant des électeurs, le pouvoir législatif a pour mission de débattre, puis d’adopter ou de rejeter les projets de loi et le budget de l’État au nom des électeurs[6].

 

Le pouvoir judiciaire de l’État, la Cour Suprême, agit comme la troisième entité du système politique. Elle est composée de quatorze juges nommés et agissants comme tels jusqu’à l’âge de soixante-dix ans[7]. Elle a pour rôle premier d’interpréter et d’appliquer les lois ayant été ­adoptées auparavant. Elle peut aussi avoir à entendre les procès majeurs, notamment ceux qui touchent les pouvoirs exécutif, législatif ou le président. Elle peut aussi annuler les lois ayant été proposées par le cabinet et adoptées par le législatif, si elle juge qu’elles portent atteinte aux lois préalables[8].

Tenue des élections

Les avant-dernières élections législatives pour la formation de la nouvelle chambre d’assemblée ont eu lieu le 10 février 2009, le vote des soldats ayant eu lieu le 11 février de la même année. Suivant une nouvelle affaire de financement suspect qui écla­bousse le premier ministre Ehud Olmert, celui-ci démissionne. Les deux concurrents prin­cipaux à cette course à la chefferie du pays, Tzipi Livni, alors ministre des Affaires étran­gères, et Shaul Mofaz, alors ministre des Transports, ne parviennent pas à constituer un nouveau gouvernement dans le délai de cinq semaines et provoquent les élections[9]. Les partis majeurs (ceux ayant réussi à glaner au moins dix sièges) sont le Parti Kadima, avec Tzipi Livni comme chef, le Parti du Likoud, avec Binyamin Netanyahu comme chef, le Parti Travailliste, avec Ehud Barak comme chef, le Parti Yisrael Beitenu, avec Avigdor Lieber­man comme chef, et le Parti Shas, avec Eli Yishai comme chef de parti[10].

Système électoral

Les élections législatives sont des élections uninominales proportionnelles[11]. Lors de ces élections à l’échelle du pays, chaque parti avait produit une liste de candidats clas­sés dans un ordre précis. Les électeurs votaient pour un parti et non pour un député précis. Le cumul des votes, proportionnellement au nombre de votants, correspondait au nombre de sièges que le parti pouvait occuper dans l’assemblée. Par exemple, un parti obtenant 10 % des votes avait droit à 10 % des sièges de la Knesset, soit douze sièges; les douze premiers candidats de sa liste pouvaient donc siéger à la chambre d’assemblée au cours de ce mandat.

 

Pour qu’un candidat soit éligible, il doit[12] :

  • Être de citoyenneté israélienne et âgé d’au moins vingt-et-un ans lors de l’élection;
  • Ne pas détenir de casier judiciaire;
  • Ne pas occuper de poste officiel (président, Grand rabbin, officier haut gradé, fonc­tionnaire d’État, juge, etc.);
  • Ne pas avoir de droits restreints par une cour de justice.

 

Le gouvernement est formé lorsqu’un parti ou une coalition remporte une majorité[13] de sièges dans la Knesset.

Principaux résultats électoraux

Les résultats du suffrage ont été annoncés le 12 février 2009. Chez les partis de gauche, on a noté un recul général avec une perte d’un siège du Parti Kadima, qui passe de vingt-neuf sièges en 2006 à vingt-huit sièges, et une perte brutale de six sièges du Parti Travailliste qui passe de dix-neuf sièges à treize sièges. Les partis de droite principaux ont connu une ascen­sion, à l’exception du Parti Shas, qui a perdu un siège depuis les précédentes élections, passant de douze à onze sièges. Les deux autres partis de droite importants, le Likud et Yisrael Beitenu, ont connu des ascensions intéressantes: le Likud a gagné énormément de sièges avec les vingt-sept sièges obtenus lors des élections, comparativement aux douze sièges détenus par le parti précédent, et Yisrael Beitenu a gagné quatre sièges entre les deux élections, passant de onze sièges à quinze sièges. Fait à noter, le parti de droite Jewish Home a obtenu trois sièges alors qu’il n’en avait pas auparavant[14]. Le président israélien Shimon Peres a octroyé au Parti Likud la tâche de former la coalition devant le parti ayant obtenu le plus de sièges, le Parti Kadima. Le Likud est parvenu à une majorité en ralliant à sa cause les partis Travailliste, Yisrael Beitenu et Jewish Home[15]

Question de recherche

Ceci nous amène à nous demander, d’une part, ce qui explique la victoire du Parti Likud, qui a remporté un nombre conséquent de sièges, et, d’autre part, ce qui ex­plique la victoire des partis de droite, victoire qui a forcé la main du président Shimon Peres à accorder à un parti de droite le droit de former la majorité gouvernementale de­vant le Parti Kadima et les partis de gauche dans les élections de 2009.

 

Le mémoire, par la recension de quelques facteurs explicatifs avancés par les ob­servateurs de la scène politique israélienne, tentera de répondre à cette question de re­cherche. De plus, le mémoire voudra démontrer que dans un contexte savant (celui de la science politique), ces facteurs explicatifs se rattachent à une ou plusieurs écoles de pen­sée[16] qui tentent d’expliquer le comportement électoral du peuple israélien.

 

Pour répondre à la question de recherche, des sources de diverses origines ont été utilisées. Les revues utilisées sont le trimestriel Politique Étrangère, les revues universi­taires Israel Affairs et Mediterranean Politics, le bimensuel National Review, les mensuels Études et Le Monde Diplomatique, ainsi que l’hebdomadaire The Economist. Plusieurs journaux internationaux ont aussi été recensés dans la collecte de facteurs explicatifs, nommément The Independent, Le Nouvel Observateur, Le Monde et World Politics Re­view. Notons aussi l’article tiré du programme de Recherche Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques[17] et employé comme un facteur explicatif. Finalement, l’ency­clopédie Universalis, dans un article sur l’actualité israélienne en 2009, nous a fourni une dernière source de facteur explicatif.

 

ANALYSES ÉLECTORALES

Recension des facteurs explicatifs par des observateurs de la scène politique israé­lienne

Avantage démographique

Commençons l’analyse par une étude démographique: deux vagues d’immigration majeures ont eu lieu en Israël depuis 1948, année de la création de l’État israélien. La pre­mière vague de Juifs en provenance de l’Europe et de l’Amérique, les Juifs Ashkénazis, arrivent au courant des années 40 et 50[18]. Cette première vague juive vote en masse pour la gauche, soit pour le Parti Travailliste, qui obtient une majorité électorale jusqu’au milieu des années 70[19]. Ceci concorde avec l’arrivée en masse de Juifs de l’ex-Union soviétique et du Moyen-Orient, immigration qui s’étendra du milieu des années 70 jusqu’à la fin des années 90. Ce groupe de Juifs, appelés Juifs Mizrahim, votera en masse pour la droite; le Likud et Yisrael Beitenu. Dès 1977, la droite obtient un premier mandat à la Knesset, notamment grâce à l’appui en bloc des Juifs Mizrahim[20]. Grâce à la population croissante de Juifs Mizrahim (environ 25% de la population israélienne), dont les Juifs ultra-orthodoxes au taux de natalité fracassant (7,7 enfants par famille, comparativement à la moyenne de 2,6 en date de 2005[21]), un appui de la droite très fort se forme de plus en plus clairement sur une base démographique.

Sécurité ou paix?

En Israël, il existe deux modes de pensée quant à la relation à entretenir avec les Palestiniens: un premier, les colombes, prône le cessez-le-feu israélien pour apaiser les tensions entre Palestiniens et Israéliens. Le second groupe, les faucons, prône la répres­sion et la force dissuasive pour étouffer le sentiment de révolte des Palestiniens et assurer la sécurité des Israéliens[22]. Les partis de gauche, associés aux colombes, seront forcés de changer d’opinion face aux nombreuses offensives du Hamas[23] dans les villes bordant la bande de Gaza (attaques aux missiles téléguidés). Ceci contribue à créer un sentiment selon lequel il faut agir pour mater les Palestiniens. En effet, peu avant les élections, Sami Cohen[24] souligne que «Le public, dans sa grande masse, met la sécurité en haut de ses priorités». Plus encore, Mustafa Mohanad et Ghasem As’Ad observent en Israël que «l’option de paix n’existe plus[25] » et que le sentiment d’être «une nation assiégée[26] » règne avec le Hamas dans la bande de Gaza, le Hezbollah[27] opérant depuis le Liban et l’Iran faisant planer la menace nucléaire. La situation précaire en Israël oblige les électeurs à reconsidérer l’option faucon, soutenue depuis longtemps par les partis de droite. Les experts sont unanimes quant au fait que le Likud et Yisrael Beitenu ont profité de cet état d’esprit pour nourrir la suspicion et la haine des Arabes, allant même jusqu’à remettre en question la légitimité des partis arabes au sein de la Knesset[28].

L’échec de l’opération Plomb Durci

À la veille des élections, le Parti Kadima, alors au pouvoir, s’est vu obligé de réagir aux offensives palestiniennes qui faisaient croître le sentiment d’insécurité des Israé­liens[29]. L’opération fut coûteuse et sévèrement critiquée par l’ONU dans le rapport Goldstone[30]. Elle a fait perdre au Parti Kadima des électeurs arabes qui croyaient en sa capacité de calmer la tension sans employer la force brute. Qui plus est, au moment des élections, l’opération Plomb Durci n’était pas parvenue à faire taire les attaques aux missiles du Hamas; or, selon The Economist, le succès de l’opération était essentiel pour prouver aux électeurs la capacité du Parti Kadima à assurer leur sécurité[31]. Au terme d’une coûteuse opération qui ressemblait à de la gestion de crise plutôt qu’à une décision éclairée, la coalition de centre gauche a prouvé à l’électorat qu’on ne pouvait lui faire con­fiance dans le tumulte du Printemps arabe[32].

 

Une économie de droite

Les élections de 2009 arrivent alors que le monde entier semble aux prises dans une crise économique majeure. L’électeur se trouve contraint à chercher un parti qui a fait ses preuves et qui sait gérer les problèmes économiques de grande ampleur. Au fil des ans, le Parti Travailliste a prouvé qu’il était incapable de «relever les défis socio-économiques à l’agenda du pays[33] ». Dans cette situation, le meilleur candidat au soutien économique est le Likud[34]. Depuis 1977, premier mandat du Parti Likud à la Knesset, des changements majeurs ont eu lieu dans les politiques économiques de l’État: après avoir administré le pays économiquement pendant près de 30 ans, il commence à se distancer de l’économie tout en ajustant les multiples problèmes propres à la libéralisation économique. À titre d’exemple, le Likud a géré une immense bulle inflationniste ayant atteint 130% en 1982, grâce à de brillantes décisions économiques comme la baisse rapide des taxes sur les produits de consommation importés[35]. Ainsi, au début des années 2000, on observe que «le libéralisme israélien a dévoilé son vrai visage, celui d’un capitalisme total marqué par un désengagement de l’État providence». En parvenant à passer, sans heurt[36], d’un modèle écono­mique socialiste à un modèle économique capitaliste en moins de 30 ans, le Likud obtient un vote de confiance pour assurer la pérennité de l’économie israélienne pendant la crise économique.

Une union forte

Les élections uninominales proportionnelles d’Israël ont fait qu’aucun parti n’a ja­mais obtenu de majorité électorale absolue à la Knesset[37], obligeant donc la formation d’une coalition. Au fil des élections, la quête d’une coalition forte justifie souvent le choix électoral, car une coalition faible risque de se scinder rapidement et d’empêcher la Knes­set de faire quoi que ce soit (proposer lois et même le budget). Gilles Paris déclare dans Le Monde :«les deux hommes [Benyamin Netanyahu et Avigdor Lieberman] ont annoncé à la surprise générale qu’ils feront liste commune en janvier. [...] Ce tandem, avec un tiers des sièges, sera le mieux placé pour former une coalition élargie[38] ». Cette unité annoncée, alors que la campagne électorale est en branle et que le Parti Yisrael Beitenu semble gagner de plus en plus de soutien, explique aussi la décision du président, Shimon Peres, à choisir le Likud comme chef de coalition, voyant qu’avec le Parti Yisrael Beitenu, ils occupent quarante-deux des soixante-et-un sièges néces­saires à la majorité à la Knesset.

Scandale au Parti Kadima et triple crise du Parti Travailliste

Comme énoncé dans la problématique, c’est dans le cadre de la démission du premier ministre, Ehud Olmert, suivant des accusations de corruption, que les élections ont été déclenchées[39]. Ceci révèle de façon évidente au peuple israélien un problème de con­fiance au sein du Parti Kadima. En effet, pour beaucoup d’électeurs, Lieberman est celui qui semble dire la vérité[40], même aux yeux des électeurs ultra-orthodoxes des «develop­ment towns» (villes situées en périphérie) ayant voté depuis longtemps pour le Parti Shas, parti religieux. Avigdor Lieberman est donc l’homme de confiance[41]. L’autre parti de centre gauche, le Parti Travailliste, est aux prises avec une triple crise soulignée par Romain Lalanne de la Chaire Raoul-Dandurand. Celui-ci observe d’abord qu’il est très difficile pour l’électeur de se faire une image d’un chef au sein du Parti Travailliste. De plus, le Parti Travailliste est fréquemment accusé de scandales politico-financiers. Finalement, M. Lalanne observe une crise de valeurs au sein du parti, qui change son projet politique fré­quemment pour plaire à une majorité d’électeurs qui se tournent invariablement vers des valeurs de droite[42]. En quelque sorte, le Parti Travailliste est la plus grande victime de la menace arabe, puisque celle-ci l’oblige à agir contre les valeurs fondamentales de son parti.

Des chefs d’expérience chez les partis de droite

Pour l’électeur, il est important de se faire une idée d’un chef de parti pour justifier son vote[43]. Selon plusieurs ex­perts, dont Dominique Vidal, un des critères les plus importants lors du choix d’un chef est l’expérience. Or, alors que le Parti Travailliste est mené par un chef qui manque d’éloquence, Benyamin Netanyahu et Avigdor Lieberman se pré­sentent comme des chefs au bagage politique impressionnant. Avigdor Lieberman, après quelques années comme ministre au Likud avec Natanyahu, fonde son parti en 1999 et siège à la Knesset comme chef de parti depuis lors[44]. Benyamin Netanyahu a un par­cours politique encore plus impressionnant, puisqu’il a siégé à la Knesset comme chef du Likud de 1993 à 1999, étant même premier ministre de 1996 à 1999. Il revient à la tête du parti dès 2002 et siège à la Knesset depuis. Les deux chefs politiques sont aussi titulaires d’une formation universitaire prestigieuse, notamment d’un baccalauréat au Massachussetts Institute of Technology dans le cas de Benyamin Netanyahu[45].

Yisrael Beitenu défie la tendance de l’électorat

Les experts de la scène politique israélienne ont constaté un morcellement du système partisan en différentes minorités ayant différents systèmes de valeurs qui se rat­tachent à un des innombrables partis inscrits à la Knesset. Ce morcellement est d’ailleurs facilité par le système électoral, qui permet aux partis moins importants d’obtenir des sièges plus facilement que dans le système politique du Commonwealth. Selon une étude de Danny Gutwein (2009) soulevée par le Mediterranean politics, « La force de Lieberman vient du même mélange que celui qui a nourri le mouvement d’extrême droite en Europe depuis la fin du XXe siècle: une combinaison de malheurs économiques et un manque de sécurité [personnelle]». Ce tour de force lui permet de se détacher de l’idée d’un parti sectoriel (les russophones[46]) pour apparaître comme un parti nationaliste de droite. On observe même que le Yisrael Beitenu gagne du soutien à travers l’ensemble des locali­tés[47]. Son discours de haine envers les Arabes, qui ne connaît aucune opposi­tion, lui permet de s’attirer la sympathie des nationalistes[48].

FACTEURS EXPLICATIFS ET CONTEXTE SAVANT

Rappels des facteurs explicatifs

Pour lier chacun des facteurs explicatifs à une école de pensée, prenons la peine de résumer, dans ce second chapitre, les facteurs explicatifs vus précédemment. Selon certains experts, la présence de chefs de partis d’expérience ayant un bassin de nom­breux électeurs (Juifs Mizrahim) a aidé l’ascension de la coalition de droite. Selon d’autres experts, le besoin de sécurité alarmant exprimé par les Israéliens face aux nombreux dan­gers[49], jumelé à l’incapacité de la coalition du Parti Kadima et du Parti Travailliste à assurer leur sécurité, a justifié le choix de partis de droite aux élections. Un autre groupe d’experts souligne que les scandales politico-financiers qui couvrent de ridicule l’ancienne coalition, comparativement à la bonne tenue financière du Likud alors que la menace de la crise financière mondiale plane, a aussi joué en faveur des partis de droite, surtout du Likud. Finalement, un dernier groupe d’experts a observé que l’unité claire entre le Likud et Yisrael Beitenu semble expliquer le fait qu’ils aient obtenu une grande part des sièges et qu’ils aient réussi à attirer non pas un groupe partisan, mais une droite nationa­liste, alors qu’ailleurs on observe un morcellement des votes, qui s’en vont à des partis de second ordre, aux dépens des sièges des partis principaux (Travailliste, Likud, Kadima, Yisrael Beitenu).

Écoles de pensée

Trois écoles de pensée ont tenté d’expliquer le processus décisionnel de l’électeur pour choisir son parti; elles ont cherché une explication qui justifiait, dans une majorité des cas, le vote (variables  lourdes). La première école de pensée, appelée «modèle de Co­lumbia et l’évolution de l’effet des clivages», explique que le vote d’un individu correspond au milieu dans lequel il évolue (religion, sexe, âge, classe économique)[50]. La seconde école de pensée, dénommée «modèle de Michigan et le rôle de l’identification partisane», considère que c’est à l’enfance que l’électeur, en observant ses parents, son entourage, son école, décide pour quel parti il va être partisan[51]. La troisième école de pensée, appe­lée «modèle spatial du vote et le vote stratégique», affirme plutôt que l’électeur fait un vote utilitariste; il choisit le parti qui lui est le plus bénéfique selon un calcul coût/avantage[52].

Les facteurs explicatifs et le modèle de Columbia

Le modèle de Columbia avance que le choix électoral dépend de variables socio-économiques. Il se base sur l’observation faite par Paul Lazarsfeld, qui a constaté que 86% des électeurs catholiques, urbains et appartenant aux classes défavorisées, avaient voté pour le Parti Démocrate[53], comparativement à 24% des électeurs protestants, ruraux et appartenant aux classes supérieures[54]. Lors des élections israéliennes de 2009, un des facteurs explicatifs relevés se lie à cette école de pensée: il s’agit de l’opinion qui se forme quant à la sécurité qui prime sur la paix. L’idée du faucon s’imprègne en effet de plus en plus parmi les Israéliens, qui votent pour des partis ayant la sécurité israélienne à cœur. L’observation dans Mediterranean politics résumait bien le fait que de plus en plus de groupes sociaux s’attachaient aux valeurs de droite :« [...] une tendance générale des Israéliens: le public, l’élite, les médias et les académies se déplacent vers l’extrême droite, avec un support presque total pour les mesures punitives envers les Palestiniens».

Les facteurs explicatifs et le rôle de l’identification partisane

Le modèle de Michigan définit l’électeur comme quelqu’un qui se fixe une opinion politique durant l’enfance et qui ne change pas d’opinions politiques puisqu’il a une identi­fication partisane à un des partis[55]. Les observateurs de la scène politique israélienne ont soulevé deux facteurs explicatifs qui peuvent se rattacher à cette école de pensée. L’expli­cation par la démographie en Israël se lie à cette identification partisane: on parle des Juifs Mizrahim (Juifs de l’Asie, du Moyen-Orient) qui, en fonction de leurs valeurs personnelles (valeurs orthodoxes), se sont sentis appelés depuis leur enfance vers les partis Likud, Yisrael Beitenu et Shas, qui partagent ces valeurs. L’attachement partisan des Israéliens de la droite nationaliste au parti Yisrael Beitenu est un second facteur explicatif que l’on peut lier à l’école de pensée de Michigan. Pour ce second facteur, on parlerait d’un atta­chement fort pour leur pays, que ressentent les Juifs ultra-orthodoxes et ruraux. Après tout, les Juifs de ces régions sont plus pieux et voient Israël comme leur terre promise et Jérusalem comme leur ville sainte.

Les facteurs explicatifs et le modèle spatial du vote

La dernière école de pensée se base sur la constatation qu’il y a une grande insta­bilité dans le vote des électeurs (vote flottant), qui s’explique par un choix de l’électeur se­lon un rapport coût/bénéfice[56]. Dans cet essai, plusieurs facteurs explicatifs se rattachent à cette dernière école de pensée. La première observation est en lien avec le souhait criant de sécurité que l’Israélien moyen exprime. Celui-ci, voyant l’incompétence de la coalition de gauche à le protéger (Plomb Durci), estime que le meilleur choix en terme de sécurité est un parti de droite. Le besoin d’un parti ayant des aptitudes de gestion écono­mique, pour ne pas souffrir de la crise économique mondiale, est un autre calcul coût/avantage de l’électeur. Le souhait de l’électeur de former une coalition unie et menée par des chefs d’expérience est un autre facteur explicatif attribuable au modèle spatial du vote. Finalement, l’inefficacité et le manque de confiance de l’électeur envers la coali­tion précédente expliquent son calcul qui l’a amené à voter pour des partis à l’opposé de la coalition et ses scandales de corruption.

CONCLUSION

École de pensée dominante

Après la recension des nombreux facteurs explicatifs qui justifient l’accession au pouvoir de Benyamin Netanyahu et sa coalition au contexte savant des trois écoles de pensée, nous tentons ici de trouver une école de pensée dominante. Malgré le constat exprimé par Nonna Mayer et Pascal Perrineau, selon lequel les modèles d’explication du processus décisionnel sont complémentaires[57], il est souhaitable, dans cet essai, de trouver quel modèle de pensée explique le mieux le processus décisionnel. Le modèle de Columbia semble être très insuffisant à l’explication du vote, puisqu’un seul des facteurs explicatifs pouvait s’y associer. Le modèle de Michigan n’explique pas beaucoup mieux la démarche de l’électeur dans le cas présent, puisque seuls deux facteurs explicatifs s’y rattachaient. Ceci nous amène donc à croire que le modèle spatial du vote explique très bien le processus décisionnel de l’électeur, puisque cinq facteurs explicatifs pouvaient y être liés.

Nuance à la conclusion

Néanmoins, considérant le nombre de sources que nous avons utilisées, nous pouvons avancer que certains facteurs explicatifs sont plus forts, puisqu’ils sont exprimés par plus d’un expert. Le facteur démographique est exprimé par un grand nombre d’ex­perts comme le facteur du souhait de sécurité. La formation d’une grande base d’électeurs par Avigdor Lieberman et le contexte économique mondial sont deux autres facteurs exprimés par quelques experts. Les autres facteurs explicatifs, qui s’attachent au mo­dèle de pensée du vote stratégique, sont avancés par un expert ou deux et sont donc moins forts. Ceci nous amène à nous demander dans quelle mesure le nombre de fac­teurs explicatifs donne raison au troisième modèle décisionnel des électeurs, si ces fac­teurs ne sont avancés que par quelques experts, alors que d’autres facteurs, liés aux deux autres écoles de pensée, font consensus dans l’esprit des experts[58].

 

 

ANNEXES

Tableau 1: Résultats électoraux en nombre de sièges des deux élections et compa­raison entre 2006 et 2009

 

Parti politique

Total 2006

Total 2009

Gain/Perte

Kadima

29

28

-1

Parti Travailliste

19

13

-6

Shas

12

11

-1

Likud

12

27

15

Yisrael Beitenu

11

15

4

National Union – National Religious Party (National Union en 2009)

9

4

-5

Gil

7

0

-7

Torah Judaism

6

5

-1

Meretz

5

3

-2

United Arab List

4

4

0

National Democra­tic Alliance (Balad)

3

3

0

Hadash

3

4

+1

Jewish Home (Ha­bayit Hayehudi)

0

3

+3

[59]    [60]

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

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  • Vidal, Dominique. 2009. « Israël: à droite toute ». Le Monde Diplomatique, Février 2009.

[1] Encel, Frédéric et Nicolas, Alexandre. 2012. Atlas géopolitique d’Israël. Coll. «Atlas/Monde». Paris: Autrement, p.12.

[2] Faure, Claude. 2002. Shalom, Salam. Paris: Fayard, p.407.

[3] Taieb, Yossi. 2009. «Le gouvernement d’Israël». In Terre d’Israël. En ligne <http://www.terredisrael.com/gouvernement.php>. Consulté le 2 octobre 2013.

[4] Alberta Education. 30 mai 2012. «Les pouvoirs du système électoral du Canada». In Learn Alberta. En ligne. <http://www.learnalberta.ca/content/esedc9/html/branchesofcanadasfederalsystem_cc.html>. Consulté le 2 octobre 2013.

[5] Taieb, Yossi. 2009. «La Knesset, le Parlement». In Terre d’Israël. En ligne <http://www.terredisrael.com/gouvernement.php>. Consulté le 2 octobre 2013.

[6] Alberta Education. 30 mai 2012. «Les pouvoirs du système électoral du Canada». In Learn Alberta. En ligne. <http://www.learnalberta.ca/content/esedc9/html/branchesofcanadasfederalsystem_cc.html>. Consulté le 2 octobre 2013.

[7] The State of Israel. 2003. «The Knesset and the Judiciary». In The Knesset. En ligne <http://www.knesset.gov.il/description/eng/eng_mimshal5.htm>. Consulté le 2 octobre 2013.

[8] Ibidem 6.

[9] Dieckhoff, Alain. 2009. «Israël 2008-2009: Un nouveau gouvernement à l’ombre d’une guerre». In L’État du Monde. En ligne <http://edm.etatdumonde.com/EDMWeb/content/article/CP-2010-PMOCROISISR.html>.

[10] The Economist. 2009. «I won. No, I won». The Economist: To the rescue The trouble with Obama’s plan, vol. 390, no 8618, pp.32.

[11] The State of Israel. 2003. «The Electoral System in Israel». In The Knesset. En ligne < http://www.knesset.gov.il/description/eng/eng_mimshal_beh.htm>. Consulté le 2 octobre 2013.

[12] Taieb, Yossi. 2009. «Les élections et le système politique Israélien». In Terre d’Israël. En ligne < http://www.terredisrael.com/Israel-systeme-politique-1.php>. Consulté le 2 octobre 2013.

[13] Aucun parti Israélien n’a jamais formé de majorité absolue.

[14] Tableau des résultats des élections en annexe.

[15] The Economist. 2009. «I won. No, I won». The Economist: To the rescue The trouble with Obama’s plan, vol. 390, no 8618, pp.32.

[16] Le modèle de Columbia et l’évolution de l’effet des clivages, le modèle de Michigan et le rôle de l’identification partisane, et le modèle spatial du vote et le vote stratégique seront expliqués plus en détail dans la suite du mémoire.

[17] Chaire de recherche de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM).

[18] Mustafa, Mohanad et Ghanem, As’Ad. 2010. «The Empowering of the Israeli Extreme Right in the 18th Knesset Elections ». Mediterranean Politics. Mars 2010. En ligne. Vol 15 no 1. In Academic Search Premier. <http://web.ebscohost.com.res.banq.qc.ca/ehost/detail?sid=9e00e1a9-ed4a-460d-9c52-6c3d9fdf4a14%40sessionmgr104&vid=6&hid=114&bdata=Jmxhbmc9ZnImc2l0ZT1laG9zdC1saXZl#db=aph&AN=48644187>. Consulté le 15 octobre 2013.

[19] Bendelac, Jacques. 2013. « Du dirigisme militaro-industriel au libéralisme civil : l’économie israélienne dans tous ses états ». Politique étrangère, 1/2013 (Printemps), pp.37-49.

[20] Ibidem 19.

[21] Ibidem 18.

[22] Vidal, Dominique. 2009. « Israël: à droite toute ». Le Monde Diplomatique, Février 2009, s.d.

[23] Branche palestinienne du mouvement islamiste des Frères Musulmans (groupe islamiste politisé), actif autant dans le milieu politique que militaire, dont l’objectif est la libération de la Palestine. Sa fondation remonte à la première Intifada (soulèvement en arabe) en décembre 1987.  Faure, Claude. 2002. Shalom, Salam. Paris: Fayard, pp.181-183,211-212.

[24] Cohen, Sami. 2013. « La «dégauchisation d’Israel? Les paradoxes d’une société en conflit». Politique étrangère, 1/2013 (Printemps), pp.51-64.

[25] Ibidem 19.

[26] Ibidem 19.

[27] Mouvement libanais chiite fondamentaliste soutenu par l’Iran et qui souhaite établir un régime islamique au Liban pour lutter contre la présence étrangère au Liban. Fondé en février 1985. Faure, Claude. 2002. Shalom, Salam. Paris: Fayard, p.195.

[28] Sarter, Frédéric. 2010. «Les minorités dans le jeu politique israélien». Études. En ligne. Vol 7 no 411. In Cairn. pp.7-16. <http://www.cairn.info.res.banq.qc.ca/revue-etudes-2009-7-page-7.htm>. Consulté le 17 avril 2013.

[29] Leslie D. SUSSER, Universalis. s.d. « ISRAËL – Actualité (2009) », In Encyclopædia Universalis [en ligne]. < http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/israel-actualite-2009/ >. Consulté le 17 avril 2013.

[30] ONU. 2009. «L’assemblée générale approuve le rapport Goldstone sur Gaza». Centre d’actualités de l’ONU. En ligne. <http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=20532&Cr=Gaza#.UmAcgPlyGSo>. Consulté le 18 avril 2013

[31] The Economist. 2009. «Politics not quite as usual». The Economist: The return of economism nationalism, vol. 390, no 8617, pp.39-40.

[32] Ibidem 30.

[33] Chriqui, Philippe. 2013. « ISRAEL: Les 4 paradoxes des élections législative ». En ligne. Le Nouvel Observateur. 21 janvier 2013. <http://leplus.nouvelobs.com/contribution/765018-israel-les-4-paradoxes-des-elections-legislatives.html>. Consulté le 26 mai 2013.

[34] Bendelac, Jacques. 2013. « Du dirigisme militaro-industriel au libéralisme civil : l’économie israélienne dans tous ses états ». Politique étrangère, 1/2013 (Printemps), pp.37-49.

[35] Ibidem 32.

[36] Ibidem 32.

[37] Thomas G. MITCHELL. 2004 s.d. « Israeli Politics as Settler Politics ». In The Journal of Conflict Studies: The GREGG CENTRE For the Study of War and Society. En ligne <http://journals.hil.unb.ca/index.php/JCS/article/view/206/363 >. Consulté le 16 avril 2013.

 

[38] Paris, Gilles. 2012. « La droite israélienne remporte les élections…de janvier 2013 ». En ligne. Le Monde. 26 octobre 2012. <http://israelpalestine.blog.lemonde.fr/2012/10/26/la-droite-israelienne-remporte-les-elections-de-janvier-2013/>. Consulté le 27 mai 2013.

[39] Dieckhoff, Alain. 2009. «Israël 2008-2009: Un nouveau gouvernement à l’ombre d’une guerre». In L’État du Monde. En ligne <http://edm.etatdumonde.com/EDMWeb/content/article/CP-2010-PMOCROISISR.html>. Consulté le 14 octobre 2013.

[40] Mustafa, Mohanad et Ghanem, As’Ad. 2010. «The Empowering of the Israeli Extreme Right in the 18th Knesset Elections ». Mediterranean Politics. Mars 2010. En ligne. Vol 15 no 1. In Academic Search Premier. <http://web.ebscohost.com.res.banq.qc.ca/ehost/detail?sid=9e00e1a9-ed4a-460d-9c52-6c3d9fdf4a14%40sessionmgr104&vid=6&hid=114&bdata=Jmxhbmc9ZnImc2l0ZT1laG9zdC1saXZl#db=aph&AN=48644187>. Consulté le 15 octobre 2013.

[41] Ibidem 38.

[42] Lalanne, Romain. 2009. « Premier bilan après les élections législatives en Israël ». In Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, Mars 2009, s.d.

[43] Ibidem 38.

[44] Haaretz People. 2013. «Avigdor Lieberman». In Haaretz. En ligne. <http://www.haaretz.com/misc/tags/Avigdor%20Lieberman-1.476749>. Consulté le 17 octobre 2013.

[45] Bio true story. 2013. «Benyamin Netanyahu». In Biography.org. En ligne <http://www.biography.com/people/benjamin-netanyahu-9421908>. Consulté le 17 octobre 2013.

[46] Groupe juif d’origine russe, partisan du parti Yisrael Beitenu.

[47] Mustafa, Mohanad et Ghanem, As’Ad. 2010. «The Empowering of the Israeli Extreme Right in the 18th Knesset Elections ». Mediterranean Politics. Mars 2010. En ligne. Vol 15 no 1. In Academic Search Premier. <http://web.ebscohost.com.res.banq.qc.ca/ehost/detail?sid=9e00e1a9-ed4a-460d-9c52-6c3d9fdf4a14%40sessionmgr104&vid=6&hid=114&bdata=Jmxhbmc9ZnImc2l0ZT1laG9zdC1saXZl#db=aph&AN=48644187>. Consulté le 15 octobre 2013.

[48] Rynhold, Jonathan. 2010. « Peace and security in the 2009 elections ». Israel Affairs. Janvier 2010. Vol 16, no 1. In Academic Search Premier. En ligne <http://web.ebscohost.com.res.banq.qc.ca/ehost/detail?vid=3&sid=9e00e1a9-ed4a-460d-9c52-6c3d9fdf4a14%40sessionmgr104&hid=114&bdata=Jmxhbmc9ZnImc2l0ZT1laG9zdC1saXZl#db=aph&AN=49142175>. Consulté le 15 octobre 2013.

[49] Les menaces terroristes du Hamas et du Hezbollah et la menace nucléaire de l’Iran.

[50] UQAM. s.d. «Le Modèle de Columbia». In UQAM: politique. En ligne. <http://politique.uqam.ca/upload/files/automne2010/notes-de-cours/12.Columbia.pdf>. Consulté le 15 janvier 2014.

[51] UQAM. s.d. «Le Modèle du Michigan». In UQAM: politique. En ligne. <http://politique.uqam.ca/upload/files/automne2010/notes-de-cours/14.Michigan.pdf>. Consulté le 15 janvier 2014.

[52] Jackman, Simon. 16 juin 2010. «Spatial voting models». In Jackman. En ligne <http://jackman.stanford.edu/classes/eitm/dayOne.pdf>. Consulté le 17 octobre 2013.

[53] Étude faites sur les élections présidentielles américaines de 1944. Ibidem 50.

[54] Ibidem 48.

[55] Ibidem 50.

[56] Ibidem 51.

[57] Ibidem 52

[58] Une étude plus approfondie s’impose. La couverture médiatique des élections législatives israéliennes de 2013 a complexifié l’accès à certaines observations de la scène politique israélienne des élections législatives de 2009. De plus, la barrière des langues (hébreu) a privé la recherche de certaines observations sur la scène politique qui auraient pu s’avérer intéressantes.

[59] Inter-Parliamentary Union. 2008. «Israel Knesset Parliament: Elections held in 2006». In IPU Parline. En ligne <http://www.ipu.org/parline-e/reports/arc/2155_06.htm>. Consulté le 13 octobre 2013.

[60] Inter-Parliamentary Union. 2013. «Israel Knesset Parliament: Elections held in 2009». In IPU Parline. En ligne <http://www.ipu.org/parline-e/reports/2155_E.htm>. Consulté le 13 octobre 2013.

[61] The Economist. 2009. «I won. No, I won». The Economist: To the rescue The trouble with Obama’s plan, vol. 390, no 8618, pp.32

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